La CNIL a très récemment fait connaître son projet d’établir de nouvelles modalités de recueil du consentement de l’internaute. Ses propositions visent notamment les traceurs publicitaires, aussi appelés cookies. Une volonté inscrite dans l’ère du temps.

L’année 2020 pourrait bien constituer un tournant dans la façon de proposer de la publicité ciblée sur Internet. Dans un projet de recommandation dévoilé à la mi-janvier, la CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés) soumet une proposition : en finir avec les « cookies tiers » sur nos sites web.

 

Ces traceurs gardent en mémoire nos clics lors d’une visite sur un site internet. Ils nous pistent de sites en sites afin de pouvoir nous proposer la meilleure publicité ciblée. Ces témoins de connexion qui existent depuis les années 90’, sont devenus des incontournables du paysage numérique mondial.

Désormais, l’utilisateur pourra directement « refuser » le dépôt de ces traceurs en cliquant sur un bouton. Jusqu’ici, une zone de flou dans la législation permettait aux éditeurs de n’afficher que l’option d’autorisation. « L’utilisateur doit  pouvoir être en mesure de changer d’avis à tout moment », mentionne aujourd’hui le texte.

  •  Dans l’ère du temps

La CNIL n’est pas la première institution à remettre en cause ce type de traceurs. Justin Schuh, responsable d’ingénierie du navigateur Google Chrome, s’exprimait récemment en ces termes : « Nous prévoyons de réduire progressivement la prise en charge des cookies tiers dans Chrome, dans les deux ans ».

Le géant américain suit d’ailleurs les traces de Apple, qui avait eu la même initiative pour son navigateur Safari dès 2017, ou encore de Mozilla, qui bloque – désormais – les cookies par défaut dans son Firefox.

 

Ces nouvelles mesures suivent donc le mouvement, en plus de faire écho à une volonté croissante des internautes de protéger leurs données personnelles sur Internet. De plus, elles semblent s’inscrire dans la mouvance du RGPD, ou Réglement Général sur la Protection des Données en Union Européenne, entré en application en mai 2018.

  • Quelles conséquences ?

Le projet de la CNIL n’en sonne pas moins comme une confirmation, il va bientôt falloir faire sans les cookies tiers. Cette annonce a bien sûr alarmé certains éditeurs. Quels pourraient être alors les risques de la disparition de ces traceurs pour le monde de la Tech ? Inquiétude tout à fait légitime, car les répercussions pourraient être d’ordre économique. 

 

Cependant, pas de quoi céder à la panique. Des alternatives existent. Migrer vers un autre type de traceur par exemple reste une option. Les « cookies first » (proposés directement par les éditeurs d’un site) pourraient se montrer tout aussi avantageux : allègement du trafic réseau, harmonisation des méthodes de mesure etc.

  • La FrenchTech en précurseur, Google Chrome en chef de file ?

Chaque changement encourageant l’innovation, l’entreprise française de data marketing Mediarithmics propose, elle, une nouvelle voie grâce à son offre baptisée Edge.

Elle s’appuie sur le local storage, un emplacement de stockage présent au sein des appareils connectés à Internet permettant à l’éditeur d’un site visité par l’utilisateur d’y stocker certaines informations de session. Une idée prometteuse qui doit être lancée en ce début d’année.

 

De son côté, Google planche sur son programme « Privacy Sandbox », lancé en août 2019. Il permettrait de recueillir des données personnelles que sur de larges groupes de plusieurs milliers d’utilisateurs.

 

« Nous sommes confiants sur le fait que des mécanismes ouverts et protégeant la vie privée comme la Privacy Sandbox peuvent soutenir un Web sain, financé par la publicité d’une façon qui rendra les cookies tiers obsolètes ».

 

Cette initiative pourrait sur le long terme fonctionner en synergie avec le projet de la CNIL, qui ne ferme pas la porte au recueil du consentement via les navigateurs. « Les navigateurs pourraient à terme intégrer des mécanismes de recueil de consentement » précise le texte.

 

Le projet de recommandation de la Commission est soumis à la consultation publique jusqu’au 25 février et devrait être officiellement publié en juin. S’il est donc trop hâtif de parler de la fin des cookies tiers, leur mutation profonde est d’ores et déjà enclenchée, et les nouveaux chemins déjà empruntés.

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